Notre installation dans la maison – Jour 4
Mercredi, octobre 7th, 2009Le camion avec notre déménagement est arrivé hier à Tétouan et son déchargement a été effectué la nuit. Les colis ont été emmenés en plusieurs voyages et charrettes par les porteurs accompagnés du gardien qui occupe et surveille la maison depuis le début des travaux. Vu l’heure tardive de la fin des opérations et la nécessité de quitter le ryad tôt le matin nous n’avons pas été à la maison après.
Nous nous sommes levés à 6h30 et avons déjeuné frugalement, rassemblé nos sacs et nous sommes mis en route vers le quartier de l’Ayun ou se trouve Dar Rehla. Alors que le quartier El Blad où nous logions est encore relativement désert, nous nous trouvons à hauteur de Souk El Fokki dans l’animation ; les commerçants commencent à installer leur échoppes sur la rue.
Il est environ 7h15 quand nous frappons à la porte de Dar Rehla et que le gardien vient nous ouvrir. Toutes les pièces du rez-de-chaussée sont occupées par des colis
mais néanmoins il y règne un certain ordre.
Patricia semble à ce moment néanmoins songeuse….
En attendant que les porteurs viennent nous aider pour monter aux étages les grosses pièces, nous commençons par repérer les colis dont nous aurons besoin rapidement et les montons à l’étage. Tous les colis sont numérotés et nous disposons de la liste détaillée de ce qu’ils contiennent ; la tâche est donc aisée.
Les porteurs ne viendront que vers 11h00. Pas question de rester inactifs et nous montons les sommiers et les matelas dans les chambres de la terrasse, les seules qui soient terminées et où nous dormirons un certain temps. Il me faut maintenant trouver et ouvrir les colis où sont rangés les outils dont j’aurai besoin dans l’immédiat. Tous mes outils se trouvent dans des caisses volumineuses que j’ai fabriquées pour le transport et malgré que leur contenu doive rejoindre la pièce qui me servira d’atelier sur la terrasse, il est vu leur poids considérable, inconcevable de les faire monter. Elles seront ouvertes au rez-de-chaussée et le contenu monté petit-à-petit. Je trouve rapidement la visseuse et la perceuse électriques ainsi que les accessoires indispensables au montage des différents meubles et aux premiers travaux d’aménagement.
Mais, en avance sur l’horaire convenu, les porteurs arrivent à la maison. Je laisse donc à plus tard le montage des lits. Il faut maintenant donner les instructions et la destination de chacun des colis. De nouveaux mots viennent ainsi s’ajouter à mon vocabulaire : « fock » (en haut) et « staa » (la terrasse) : ma prononciation n’est probablement pas la meilleure mais les colis arrivent quand même au bon endroit !
Vers 13h00 le dispatch est terminé et les porteurs après avoir été payés par Taeib pour leurs prestations du jour et de la veille quittent la maison. On y voit plus clair mais les ouvriers du chantier sont encore là ; pas facile de s’installer dans ces conditions.
On préfère quitter les lieux et partir faire quelques courses en ville : eau, produits d’entretien, etc… Nous n’avons non plus ni table ni chaise et Taeib nous emmène donc en dehors de la ville sur la route de M’Diq où se trouve un « centre d’activité économique » où sont regroupés plusieurs artisans et revendeurs où nous trouverons notre bonheur.
Les prix sont nettement plus intéressants que ceux pratiqués en ville et les vendeurs peu insistants, nous laissant regarder sans pression ! On y trouve un mobilier très rustique que nous destinerons ultérieurement à la terrasse supérieure. En attendant, nous les utiliserons pour nos besoins journaliers. Nous savons déjà ce que nous souhaitons pour le reste de la maison mais nous n’avons pas encore trouvé ici à Tétouan l’artisan qui puisse nous satisfaire. Vu les délais courts de fabrication, il n’y a pas urgence et préférons attendre pour acheter.
Le transport des meubles, deux tables et huit chaises, sera assuré par un transporteur en triporteur relayé ensuite par un des porteurs du déménagement qui a été prévenu. Quand nous arriverons à la maison tout sera déjà là !
Vers 19 heures, je retournerai en ville pour finaliser l’achat du réfrigérateur et de la cuisinière. C’est le vendeur qui se charge de la livraison. Pour ce faire il fait appel à un porteur. Celui qui qui se présente est très âgé et pas épais… Le réfrigérateur et la cuisinière sont des colis imposants ; néanmoins il chargera l’ensemble sur sa charrette et partira à l’assaut du djebel Dersa sur lequel notre maison se trouve. Je regrette de ne pas avoir pris mon appareil photographique : le chargement est hors-norme, le haut du réfrigérateur doit « culminer » à plus de 2m30 et à cette heure la rue que nous devons emprunter est encore occupée par les marchands et de nombreux cordelières électriques barrent le passage à 2m20 de hauteur !!! C’est assez original mais chacun y met du sien en entendant les cris du porteur « Balek, balek » ce qui à mon avis doit signifier « attention, attention » C’est un cri que l’on entend régulièrement dans les artères principales de la médina.
Ce sera encre un gros effort pour rentrer les colis dans la maison mais les voisins viennent rapidement donner un coup de main ! Vive la solidarité !
Je gratifie le porteur d’un pourboire probablement généreux mais l’effort était considérable – A juste peine, juste salaire !
Pendant ce temps Patricia et sa maman ont continué le déballage des valises, la mise en place des tables et chaises sur la terrasse. Quand j’arrive en haut, je suis cassé ! Mais quel bonheur d’être là !